vendredi 21 juin 2013

La pirogue


La pirogue - "outrigger canoë" en anglais - est le plus vieux moyen de transport de l’humanité. L’homme n’avait pas encore domestiqué le cheval qu’il voyageait déjà au moyen de troncs d’arbres creusés dont l’équilibre était assuré par un balancier. On trouve des traces de pirogues sur tous les continents et c’est sans doute ce qui explique le sentiment particulier que l’on ressent face à cet engin asymétrique et pourtant si gracieux. L’arrivée des nouvelles technologies composites à fait de la pirogue ancestrale un formidable engin de glisse et de plaisir. La pratique de la pirogue, devenue légère, résistante et facilement démontable est ainsi devenue le sport roi des îles hawaïennes avant de se développer hors de ses frontières naturelles.

Il existe deux types de pirogues "sportives" : 
la pirogue polynésienne, le Va’a 
et la pirogue hawaïenne, OC.

Le Va’a est le grand frère de la pirogue hawaïenne. Il est tahitien est a été conçu en rapport avec la géographie locale : toutes les îles de la Polynésie sont entourées de lagons où l’eau est plate et peu profonde. La pirogue polynésienne, ou Va’a, est donc très tendue dans ses lignes, très peu volumineuse et se caractérise par l'absence de gouvernail (même si l’on trouve aujourd’hui des Va’a avec gouvernail) : le rameur se propulse et se dirige à l’aide de sa pagaie ce qui nécessite un véritable apprentissage. Le Va’a est extrêmement rapide sur plan d’eau plat pourvu que le rameur possède la technique nécessaire pour exprimer sa puissance tout en maintenant l’engin dans la bonne direction. Enfin, le rameur est assis dans la pirogue et non sur celle-ci comme pour la pirogue hawaïenne.
L'hawaïenne est conçue pour évoluer dans un milieu complètement différent : l’archipel d’Hawaï est composé d’îles tombant directement dans le pacifique. Il n’y a pas de lagons et les puissantes houles se brisent directement sur les îles. La pirogue hawaïenne est donc étudiée pour affronter ce type de conditions : ses lignes sont généreusement "bananées" afin de pouvoir partir au surf dans des conditions de vents portants, son volume est plus important que celui de la pirogue polynésienne et elle est pourvue d’un gouvernail ce qui simplifie considérablement la tâche du rameur : celui-ci n’a plus à se concentrer que sur la propulsion, la direction étant assurée au moyen de pédales reliées au gouvernail. Enfin, le rameur est assis sur la pirogue et non dedans. Précisons que le développement de la pratique de la pirogue dans le monde tend à réduire de plus en plus les différences entre ces deux esquifs.

La pirogue hawaïenne a été dès son origine conçue pour surfer les houles de vent du pacifique. Le jeu est de choisir d’aller d’un point A à un point B, en ramant avec le vent dans le dos - "down wind" en anglais - et poussé par la houle formée par le vent. Le rameur "attrape" alors celle-ci est surf littéralement l’océan, pouvant atteindre des vitesses supérieures à 25 kms par heure. C’est une sensation grisante que de sentir sa pirogue accélérer sur chaque vague, même les plus petites !! De telles performances ne sont possibles que par l’utilisation des techniques de fabrication composites les plus modernes. Plus proche des normes aéronautiques que nautiques, ces "bateaux" sont construits à l’aide de fibres de carbone et de résine époxy. Une fois les tissus appliqués les moules sont mis sous vide et passées au four. C’est ainsi que les pirogues modernes ne pèsent qu’une dizaine de kilos pour une taille d’environ 6 mètres. Afin de tenir compte des contraintes de la vie moderne, les pirogues actuelles sont facilement démontables puisque les bras de liaisons (les iakos) se fixent à l’aide de clips sur la pirogue et le balancier (ama). Il devient donc très simple de la transporter sur le toit d’une voiture et de la stocker dans un garage ou sous l’avant-toit de sa maison. Le plaisir de la glisse allié à la légèreté, la solidité et la facilité de montage, ont permis un développement spectaculaire de cette pratique dans le monde et depuis peu en Europe. Les surfeurs ont été parmi les premiers à s’enthousiasmer pour cette nouvelle glisse. C’est ainsi que le Pays Basque est devenu, tout naturellement, la porte d’entrée en Europe de la pirogue hawaïenne.

Sport complet, écologique, la pratique de la pirogue séduit de plus en plus les adeptes des sports d’endurance mais aussi les adeptes des salles de sports soucieux de se rapprocher au plus près de la nature.


Textes & Photos : Guy Ringrave

jeudi 13 juin 2013

La leçon de golf de Bruno - 01

L'importance de l'échauffement

Les poignets : joignez les deux mains et faites des rotations lentes 
de droite à gauche et de gauche à droite pendant 30 s. 


Les doigts : prenez un club dans les doigts et faites-le remonter par la force des doigts. 
Main droite puis main gauche (une ou deux fois selon la facilité de l’exercice). 
C’est un exercice délicat qui va également muscler l’avant-bras. 


Les chevilles : la pointe du pied au sol, exécutez des rotations dans les deux sens en douceur 
pour assouplir l’articulation de vos chevilles (30 s. pour chaque pied). 


Les avant-bras : prenez un club dans la main et faites lentement des rotations 
de l’avant-bras (30 s. par bras). 


Les épaules et le dos : en position de swing, faites des rotations des épaules en balançant 
les bras comme une hélice (30 mouvements en maintenant le bassin le plus fixe possible). 


Swing avec deux clubs : prenez deux clubs et swinguez très lentement 
afin de vous préparer à frapper vos premières balles.


Même si vous considérez cette activité comme un simple loisir, il n’en demeure pas moins un sport où tous les muscles seront sollicités. Une dizaine de minutes d’échauffement vous permettra d’éviter les tracas musculaires. Cela vous aidera à réduire les risques de blessures musculaires ou articulaires, prévenir les lombalgies, augmenter l’amplitude de vos gestes, gagner en souplesse articulaire et améliorer la coordination motrice. Alors avant de taper quelques balles, offrez-vous ces dix minutes d’échauffement.


Avec l'amicale participation de Bruno-Téva Lecuona
06 07 52 21 45 - www.brunotevalecuona.com

jeudi 23 mai 2013

La marraine de Tribunes : Isabelle Ithurburu

© Fred Prat
En un mot : souriante ! Mais aussi : naturelle, pétillante, gentille, vraie, sincère, généreuse, délicieuse et après toutes ces qualités il fallait bien lui trouver quelque défaut, non ? Serait-elle… gourmande par exemple ? Ho ! Le vilain défaut que de dire qu’être gourmand est un défaut ! Finalement, des mots, il en faudra neuf. Neuf, comme les Muses qui présidaient aux arts libéraux. Muse, voilà le mot qui pourrait décrire Isabelle Ithurburu.

Née il y a à peine plus de trente ans d’une mère bigourdane et d’un père basque, elle grandit à Pau et connut ses premières émotions culinaires et sportives. La cuisine, c’est d’abord celle de sa famille paternelle « Petite, quand il faisait froid, j’attendais le repas pour retrouver des goûts et des plats rassurants, chaleureux. Et ça me manque… » Isabelle ne résiste pas, au moment de choisir sur le menu, aux plats les plus riches « Quand je suis au restaurant, c’est pour me faire plaisir, alors je ne me prive pas et en général c’est du canard. Je l’aime sous toutes ses formes et particulièrement le confit. » Les fruits de mer aussi, le poisson « en sauce ». à Paris, c’est chez Christian Etchebest ou chez Mil’a qu’elle aime partager des bons repas avec ses proches.
© Fred Prat
Mariée à un argentin depuis quelques années, elle apprécie spécialement le bœuf préparé et cuit à la façon locale : l’asado. Véritable tradition sud-américaine, l’asado est un repas familial où la viande de bœuf est cuite pendant des heures grâce à une braise qui entoure la pièce accrochée à un piquet. « J’ai un grand souvenir de mon premier asado dans la famille de mon mari, en attendant que la viande cuise, on mangeait des empanadas et de la provoleta, c’est un fromage italien - le provolone - grillé avec des épices et de l’huile d’olive. Ensuite on se régalait avec la viande grillée ; elle a un goût fantastique. » 
Son mari mange plutôt « léger » mais il s’est quand même bien fait aux coutumes culinaires de la région, « Dans ma famille, c’est l’école bigourdane ; entrée, deuxième entrée, poisson, plat et dessert. » On en redemande… D’ailleurs pour les desserts, il faut « Du chocolat ou de la crème. Pour moi c’est un moelleux bien coulant, une glace ou un Paris-Brest. » Si elle avoue ne pas retrouver ses pénates assez souvent, elle se fait une joie de venir travailler à Bayonne ou à Biarritz, «  Quand je sais que je viens ici, je pense déjà à ce que je vais manger. » Et où… « Après le match du vendredi soir, et notamment en hiver pour se réchauffer et se sécher, on va souvent chez Gochoki à Biarritz. J’y retrouve la cuisine de ma grand-mère et on s’y sent vraiment bien. » Et des matchs sous la pluie, Isabelle en a connus quelques-uns cette saison, et même sous la neige. A tel point que certains la qualifient de «chat noir» du beau temps au pays basque. C’est exagéré.

© Fred Prat
Le sport, voilà son deuxième plaisir. Durant son enfance, elle partage les bancs de l’école avec Boris Diaw, les frères Pietrus, elle s’intéresse au basket, au handball, au rugby… « J’aimais bien le milieu du sport plutôt que le sport lui-même. Les valeurs et l’ambiance m’ont plu. J’ai vu mes amis s’entraîner dur et faire des sacrifices pour réussir. Tous ces efforts pour un club ou des couleurs, cela m’a toujours intéressé. » C’est d’ailleurs au Stade du Hameau à Pau qu’elle rencontre l’homme qui partage sa vie, et va l’accompagner au fil des clubs et des villes « D’avoir suivi depuis près de huit ans la carrière de mon mari, j’ai un œil avisé sur le monde du rugby, les joueurs, les entraîneurs. » 
Si elle ne se voit pas commenter un match parce que sur la technique « [elle n’est] pas au niveau des anciens joueurs et consultants qui ont toute la légitimité de le faire », elle apporte une originalité dans la présentation de l’émission quasi rituelle du samedi et dans ses interventions au bord du terrain le vendredi soir. « Avant le match, j’aime parler avec tous ceux qui vivent avec les joueurs toute la semaine. On y apprend plus qu’à travers les communiqués calculés des dirigeants ou des entraîneurs. Certains sont les rois de l’intox ou de la composition d’équipe cachée jusqu’au dernier moment… » 
Mais l’exercice, où sa présence est indéniablement un atout, est celui de l’interview. Se présenter devant des entraîneurs tendus comme des cordes de lyre pour leur demander quelques réactions. Certains s’y sont cassé les dents. « Je sais qu’il y a des questions qui ne servent à rien et je préfère les interroger pour qu’ils m’expliquent. Je suis le relais avec les téléspectateurs. Parfois, j’ai vu mon interlocuteur fortement agacé avant de répondre, et finalement assez calme dans sa réaction. Le fait d’avoir une femme en face d’eux contraint quelques-uns à la retenue. Et puis avec un sourire, tout passe… » 

Le sourire, ce divin rictus qui désarme les plus forts et réduit les grandes colères à l’état de légères contrariétés. D’ailleurs Philippe Guillard, passé un peu avant par cette fameuse case du bord de terrain, et homme de bons mots, eut récemment cette géniale inspiration : « Je suis au rosé ce qu’Isabelle est à la rose. » Il n’y a qu’une muse pour inspirer une telle tirade à un poète…



Retrouvez Isabelle Ithurburu dans Jour de Rugby chaque samedi à 22h35 sur Canal+

mardi 14 mai 2013

Les fondamentaux #01


Que ceux qui n’apprécient pas l’activité physique me pardonnent. Et que ceux qui n’aiment pas les hommes et les femmes passionnés passent leur chemin, car ici nous allons parler d’amour, d’émotion, de ferveur. Le sport est un moteur à réactions : il procure des bonheurs, des colères, des pleurs, des angoisses, des jouissances… tout ce que chacun peut ressentir en son for intérieur. 
Dans le sport, ce qui nous intéresse, c’est l’humain. Pratiquant ou non. Amateur ou professionnel. Tribunes est un gymnase, une piscine, un stade, un fronton, une patinoire ; c’est aussi l’espace naturel de " jeu " : l’océan, la montagne… partout où des femmes et des hommes se rencontrent et partagent efforts et plaisir. 
Vous ne trouverez pas de résultats ici, mais des témoignages, des opinions, des conseils, un regard différent et des histoires de sport. Qu’est-ce qui pousse une passionnée de voile et d’embruns à parcourir les mers et défier le danger à chaque instant ? Pourquoi un boxeur s’impose dix heures d’entraînement journalier ? Comment fait un éducateur pour gérer une équipe de vingt adolescents excités et assoiffés de jeu ? Et la randonneuse, le pelotari, les dompteurs de vagues, le jeune golfeur… qu’est ce qui les fait vibrer ? C’est cette curiosité qui nous anime et qui - je l’espère - vous poussera à lire ces pages. 
Du sens et des sensations, voilà ce que nous vous proposons dans Tribunes car il y a de la gourmandise à faire fonctionner son corps. De la saine gourmandise.

Bonne partie… et que le plaisir vous accompagne.

Sortie du premier numéro de Tribunes


Pour son premier numéro, Tribunes vous parle de pirogue, de jeu de paume, de golf, de moto, de loisirs…

Et vous présente la plus charmante des journalistes sportives et marraine du journal : Isabelle Ithurburu.