jeudi 19 décembre 2013

Le Conseil Santé de Renaud Bonnet

L'entorse costale

Comme à votre habitude, vous arrivez au golf ou au trinquet... 5 minutes avant votre partie. 
L'échauffement n'est plus possible et votre esprit de compétiteur vous pousse à exécuter votre premier geste à une puissance maximale. C'est alors qu'une douleur type coup de couteau est ressentie entre les omoplates. Vous arrivez tant bien que mal à finir votre partie et cette gêne se transforme en contracture insupportable, accentuée lorsque vous êtes allongé sur le dos, toussez, éternuez ou inspirez très profondément. Chaque mouvement est pénible. La douleur vous réveille et ne passe pas...

Ne paniquez pas ! Vous n'avez ni côte cassée, ni pneumothorax : vous souffrez d'une entorse costale.
Votre ostéopathe peut traiter cette côte qui vous fait tant souffrir. Si la douleur est trop importante, en attendant un rendez-vous avec votre praticien, n'hésitez pas à chauffer la partie endolorie avec une bouillotte.

Afin de prévenir ce genre d'accident, il est primordial de s'échauffer. En effet, ce sont les muscles du dos qui maintiennent les côtes en place, et à froid, ceux-ci seront pris au dépourvu, ne pouvant remplir leur rôle et ne pourront empêcher la côte de partir en entorse.
Pour bien s'échauffer, il faudra commencer par une dizaine de rotations du bustes, suivie d'une autre série de mouvements circulaires des épaules puis de la nuque. Ainsi toute la chaîne musculaire du dos sera prête pour exécuter tous vos mouvements. 

Renaud Bonnet - Ostéopathe
1, avenue Mohernando - 64200 Biarritz
Tél. 05 59 22 16 03

mardi 10 décembre 2013

Sébastien Gonzalez, txapela et taloa


Décembre 2009, fronton Atano III de San Sebastian, finale du quatre et demi, Sébastien Gonzalez est mené 10 à 2 avant de conclure le match 22 à 16, et devenir ainsi le premier pelotari du pays basque nord à remporter un titre individuel chez les professionnels du mur à gauche. Un exploit qui fera entrer l'enfant d'Ascain dans l'histoire du sport basque. 

Après un encourageant championnat du monde à Mexico en 1998, Sébastien devient professionnel à 21 ans dans une empresa espagnole, Aspe. Un parcours en deuxième série ponctué par un titre de champion d'Espagne tête à tête en 2000 avant de s'installer durablement en première série. Cet habitué du trinquet s'accommode plutôt bien du mur à gauche et  monte en puissance jusqu'à cette inoubliable victoire de 2009 où il atteint les sommets de la pelote internationale. Etonnamment non sélectionné pour le championnat de 2011, il est à nouveau présent l'année suivante avant d'être écarté dans des conditions étranges au terme du cinquième match. 

Verba volant, scripta manent *
Une situation que Sébastien en bon professionnel ne goûte que très modérément. Cette année, l'imbroglio se confirme et il est suspendu quatre mois par son employeur pour "raisons disciplinaires". Mauvaise compréhension, mauvaise foi ou autre ? Le fait est que le talentueux pelotari se sent bafoué et ne se sent coupable que d'une chose : avoir fait confiance à la parole de son employeur. Terriblement déçu et triste de la tournure que prend sa fin de carrière, il semble désabusé face au monde complexe et impitoyable de la pelote professionnelle « un sport collectif terriblement individuel. » 

Taloa, le pain basque
Derrière le pelotari coriace et gagneur, l'homme accuse le coup vis-à-vis de son entourage. Mais il se relève et se lance dans une nouvelle aventure : la fabrication de taloas. Il se renseigne auprès d'amis boulangers - Maider et Alain - pour élaborer une pâte capable de se conserver quelques jours. Deux ans de recherche et de travail plus tard, la recette finale - inspirée de sa grand-mère - est figée dans le marbre et l'activité démarre en avril 2013. 
A base de farine de maïs et de blé, de sel, d'eau et « d'un peu de magie », les talos de Sébastien peuvent se garder sept jours à l'air libre et un mois sous-vide. Ils se dégustent à la plancha, à la poêle, au toaster ou mieux « au feu de cheminée pour l'odeur du bois » garnis de ventrêche, txistorra, fromage de brebis, avec un œuf, voire sucré avec de la confiture. Comme il vous plaira. En attendant, les mains meurtries de Sébastien Gonzalez pétrissent avec délicatesse cette pâte qui est aussi l'histoire du pays basque.





* Les paroles s'envolent, les écrits restent sont les premiers mots sur le premier livre imprimé en 1455, la Bible de Gutenberg.

vendredi 22 novembre 2013

Tribunes #4 est sorti !!!


Encore de belles histoires dans ce nouveau numéro de Tribunes.
Ce sont d'abord deux belles leçons de courage et de forces mentales dans l'édito.
Puis la traditionnelle leçon de golf avec Bruno-Téva Lecuona qui nous parle du drive.
Ensuite - et pour une belle cause - le livre Tronches de Rugby - Sœurs d'Armes 
qui nous plongent au cœur du XV de France féminin.
Suivi du conseil santé de Renaud Bonnet qui se soucie de nos chevilles.
De l'esthétique et de la force avec le duo Sarah & Rico, champion du monde Surf Tandem.
Enfin, un retour sur le Lacoste Ladies Open de France de golf qui s'est déroulé à Chantaco il y a quelques semaines, avec le portrait d'une des élégantes participantes, Joanna Klatten.

Chaussez vos crampons, enfilez votre combi et ajustez votre visière, Tribunes est là !

jeudi 14 novembre 2013

L'appétit des Genêts

Difficile de se faire une place dans le paysage sportif de la région quand on est un club de football. Pourtant le club des Genêts d'Anglet est un beau centenaire à la vie déjà bien remplie. Un très beau projet sportif né il y a une quinzaine d'années a permis au club jaune et vert d'obtenir des résultats probants et de progresser régulièrement. 

Si les joueurs de l'équipe fanion évoluent depuis 2011 en CFA2 (Championnat de France Amateur 2), ils avaient passé les six saisons précédentes au niveau supérieur (l'équivalent d'une quatrième division nationale). Avec en point de départ de cette belle aventure, un inoubliable 32e de finale de Coupe de France contre Guingamp en 2003. Ce jour-là, le club angloy perd sur la plus petite des marques. La faute au buteur guingampais de l'époque, un certain Didier Drogba…
Une très belle expérience qui a permis de souder l'équipe et de montrer qu'au pays basque les ballons ne sont pas toujours ovales. Ils remportent d'ailleurs cette même année la Coupe d'Aquitaine au détriment du Pau FC. Exploit qu'ils reproduisent trois ans plus tard face au voisin et rival de l'Aviron Bayonnais. 
La saison dernière, les Genêts ont terminé à une très belle 5e place de championnat et ont malheureusement échoué en finale de Coupe d'Aquitaine face au Lège-Cap-Ferret.

© Genêts
Le football amateur
Comment fait-on pour vivre et obtenir des résultats quand on est un sport amateur ? Et à plus forte raison dans l'ombre d'un football professionnel omniprésent médiatiquement - et pas tout le temps en bien - où les coups de force succèdent aux mauvais coups. Loin de ces excès là, les clubs amateurs essaient d'exister et de faire apprécier leur sport à un public "gavé" de retransmissions télévisées, certes intéressantes mais où le côté humain et sincère du joueur est oublié. 
C'est au bord d'un terrain que l'on mesure la difficulté d'un sport, les efforts d'un joueur, la pression d'un match. C'est une ambiance qui se dégage des tribunes, une pression qui sort des vestiaires avant le début d'un match, une joie au coup de sifflet final. L'amateur de sport aime le sport amateur, c'est là qu'il trouve la passion, le sens du jeu, le partage, l'authenticité.

© Genêts
Stabilité et confiance
Le club des Genêts d'Anglet peut s'appuyer sur un comité directeur enthousiaste et motivé. Pour une grande majorité anciens joueurs du club, ils connaissent parfaitement la "maison" et ont tous envie de faire progresser ce club. Lentement mais sûrement. Au sein de l'association, pas d'ambitions démesurées, mais un réalisme sain et lucide. Dans une région de rugby, où le football passe aussi après la pelote ou le surf dans le choix des jeunes, les Genêts, avec un budget total de 650 000 € ne rêvent pas, ils misent sur l'universalité de leur sport. Et cela fonctionne, 350 enfants entre 5 et 16 ans garnissent les équipes du centre de formation. L'association comprend plus de 80 éducateurs et dirigeants pour encadrer tous les joueurs. Une section sportive a même été créée au Collège Endarra, une structure féminine va voir le jour cette année et il existe déjà une école d'arbitrage avec quinze arbitres affiliés. 
© Genêts
C'est grâce à toutes ces personnes de bonne volonté, prêtes à donner de leur temps, que ce club vieux de 103 ans peut continuer d'exister dans le paysage sportif du pays basque. « Les budgets sont serrés » précise Pierre Gourgues, responsable de la communication du club, « et parcourir plus de 50 000 kms  par saison pour les déplacements de toutes les équipes, cela a un coût. » Si on rajoute les émoluments des quelques salariés, les frais divers, on comprend très vite que la survie d'un club amateur  tient du miracle. Car les rentrées d'argent se font rares et fragiles. « Nous fonctionnons beaucoup avec les partenaires qui nous aident chaque saison, la municipalité qui gère aussi très bien les terrains à Anglet St Jean, Girouette et Choisy, les différentes animations (lotos, vide-greniers, Cabanas…) que nous organisons au cours de l'année et la plaquette annuelle qui nous permet de récolter des fonds nécessaires à la vie du club. » Un club endurant empli de bonnes volontés et très attaché à la vie et à ses valeurs.


Alors, si vous avez envie de vivre un bon moment au bord du terrain ou en tribune, rendez-vous au stade d'Anglet St Jean (9, avenue de Brindos). L'entrée n'est que de 5 € et offerte pour les dames.

mardi 22 octobre 2013

Eric Irastorza, une montagne basque en Floride





« Toute récompense est attribuée quand il y a du travail et des sacrifices derrière. »







En fait, il faut peu d'éléments pour faire une belle carrière : du talent souvent, des sacrifices et du travail toujours, des circonstances heureuses parfois et de la volonté avant tout. Eric Irastorza a réuni tout cela, et même plus, pour devenir ce qu'il est aujourd'hui, et ce depuis plus de dix ans : un des tous meilleurs joueurs pro de cesta punta au monde. 

Physiquement, Eric Irastorza est une montagne. Imposant, il dégage une puissance et une assurance de statue de la Renaissance italienne. Mais au contraire du David de Michel-Ange ou de l'Hercule de Bandinelli - je vous invite à aller voir ces chefs-d'œuvres sur internet pour en apprécier l'esthétique - Eric s'exprime d'un regard et d'une voix impressionnants de conviction. La volonté, la détermination, cette force intérieure, c'est de là que tout est parti pour ce natif de Bayonne qui débute à dix ans sur le fronton de Bidart. Seize fois champion de France dans les catégories jeunes et deux fois vainqueur du championnat du monde amateur, à Cuba en 1995 et à Mexico en 1998, il décide de franchir l'océan qu'il côtoyait tous les jours pour s'installer là où la pelote est un métier : Miami. 

Il a 22 ans quand il débarque dans la ville la plus hispanique des Etats-Unis avec son "gant" et sa valise. Dans celle-ci, il y a tous ses titres et une ferme ambition : « être le numéro un. » Les premiers jours ses couronnes de lauriers ne lui servent à rien « Tu as beau avoir gagné de nombreux championnats chez les amateurs, quand tu arrives là-bas, tu repars à zéro.  » C'est alors sa rage de réussir qui va le mener à cette remarquable carrière. Cinq fois champion du Monde (2000, 2006, 2007, 2008 et 2013 il y a quelques jours à Biarritz), vainqueur des Internationaux de Saint Jean de Luz à cinq reprises, sept fois auréolé du Gant d'Or à Biarritz (dont le dernier cet été) et de nombreux tournois en Floride.


Etre le meilleur 
Un palmarès admirable qui mérite tout le respect dû à un grand champion. Pour arriver, et rester  aussi longtemps à ce niveau, il faut un caractère hors normes et de la persévérance sans faille pour surmonter les difficultés récurrentes que sont les blessures, la fatigue, voire le découragement épisodique. Mais la montagne basque de Miami a traversé - et traverse encore - les obstacles avec opiniâtreté. « Toute récompense est attribuée quand il y a du travail et des sacrifices derrière. » lance t-il comme pour justifier sa réussite, «Je n'ai eu que ce but en tête depuis que je suis à Miami et je dois travailler tous les jours pour faire mes preuves. » Avec six après-midi de jeu par semaine, les matinées sont consacrées aux entraînements et surtout à la récupération. « En prenant de l'âge, la récupération devient de plus en plus importante » s'amuse Eric qui a fêté ses 37 ans au mois d'août. 






Biarritz ou Miami ?
S'il se donne encore « deux ou trois ans de jeu au plus haut niveau, à condition que mon genou me laisse tranquille » il conte avec bonheur son histoire et son parcours jusqu'à ce jour. Quant à l'avenir, il l'appréhende avec sérénité mais sans certitude. « Quand on m'a proposé de partir à Miami après le titre de 1995, j'étais trop jeune. Je préférais continuer à faire mes armes chez les amateurs et obtenir un diplôme avant de tout quitter pour me lancer dans cette aventure. » Un BTS Commerce International qui lui permet d'envisager une reconversion entre Miami et Biarritz, peut-être dans la promotion de Ttilika, la marque qu'il a créée en 2000 avec trois amis. En attendant, Eric continue de pratiquer son art et de susciter des vocations auprès de jeunes d'ici ou d'ailleurs. Si son parcours peut servir d'exemple à de nombreux prétendants, il insiste sur les deux points importants qui ont participé fortement à sa réussite : la volonté et le travail.
Fin août, l'ancien jeune pelotari de la Kostakoak de Bidart est reparti à Miami vivre de sa passion et se confronter aux meilleurs joueurs mondiaux. Il lui faudra continuer à travailler et garder cette envie d'être le numéro un s'il veut revenir l'été prochain sur ses terres basques pour briller et décrocher encore quelques trophées. Les trinquets n'ont pas fini de résonner du bruit de ses pelotes sur les murs.


Quatre invités pour un repas idéal :
« Ma maman et ma grand-mère, toutes les deux malheureusement disparues, Michael Jordan et Bono, le chanteur mais aussi l'homme de conviction. Pour ce repas atypique où les invités sont très différents, il y aura des kokotxas, puis un assortiment de viandes grillées à la broche à la mode
brésilienne avec de l'ananas pour caraméliser. Et pour finir, un russe. 
»


Questions… Réponses
La première pensée au réveil : Mal nulle part ?
Une devise : Ne remets pas à demain ce que tu peux faire aujourd'hui.
Le pire défaut chez un homme : L'irrespect.
Un film : Gladiator.
Une chanson : When the streets have no name de U2.
Une peinture : "Labyrinth Patterns : Natural Textures", une toile de mon amie.
Un restaurant : Briketenia à Guéthary.
Un plat : La lotte.
Un vin : Un Saint-émilion ou un Saint-Estèphe.
Un jaï-alaï : Deux plus précisément : Miami et Biarritz.
Un lieu de sport : Un trinquet où règne une atmosphère spéciale.
Le pire souvenir de sport : Ma rupture du tendon d'Achille au championnat du monde à St Jean de Luz en 2004. Une terrible déception.
Le meilleur souvenir de sport : Le titre de champion du monde en 2000 à Gernika. Battre les espagnols chez eux, c'était fantastique.